ADMR 29. Marguerite Lamour: « Il faut que tout soit dit »
Quel regard portez-vous sur l’ADMR du Finistère?
«J’ai un oeil particulier et attentif sur l’Aide à domicile en milieu rural car je suis membre du conseil d’administration de l’association de Ploudalmézeau (commune dont elle est le maire, NDLR) depuis 1977. J’ai été secrétaire de l’association pendant des années. Aujourd’hui, je suis une bénévole inactive mais je reste très présente intellectuellement et affectivement. Je suis triste, préoccupée et inquiète.
Quand on a 25 ans, on n’a pas ces préoccupations-là. Nous passions des soirées à faire des plannings infaisables mais c’était avec joie. C’était pour permettre aux personnes âgées de la commune de rester chez elles. Entre-temps, j’ai eu une vision politique des choses. J’ai vu les évolutions de l’ADMR.
Quand avez-vous eu conscience de la gravité de la situation?
En mars dernier. En tant que présidente de la commission action sociale de la Communauté de communes du Pays d’Iroise (CCPI), j’avais demandé que soit inscrite à l’ordre du jour cette inquiétude face à la situation de la fédération, installée à Plabennec, dans ma circonscription. Beaucoup d’élus sont des bénévoles de l’ADMR. Au fil du temps, une lourdeur administrative a pesé de plus en plus sur ce système bénévole qui ne fonctionnait pas si mal. Cette situation, très difficile, me fait penser aux Genêtsd’Or. On était dans le même format avec des bénévoles, des salariés des associations et énormément de familles sur le terrain. À l’ADMR, peut-être y-a-t-il eu aussi une direction qui a changé trop souvent, induisant un manque de stabilité. Mais c’est indépendant des salariés.
Les politiques et des financeurs ont-ils manqué de vigilance?
En tant que politique, je découvre et je ne sais pas tout. Et j’en saurais encore moins si je n’étais pas bénévole. Je suis informée par la presse, par une de mes adjointes à Ploudalmézeau, salariée de l’association, et par une de mes conseillères municipales qui en est la présidente. Vous interrogez les parlementaires et les décideurs financiers, ils ne savaient pas. Je n’ai pas d’arguments pour dire qu’il y a eu un manque de vigilance.
Avez-vous alerté le secrétariat d’État aux Aînés?
Il y a déjà plusieurs semaines que je l’ai fait. Je n’ai pas eu de réponse de Nora Berra. L’association de Ploudalmézeau compte 27 salariés et aide 200 personnes. Nous avons dû restituer de l’argent alors qu’on en gagne. On ne comprend pas trop. Il y a du trouble par cascade et de l’angoisse pour tout le monde. Pour les salariés de la fédération aussi. Mais le temps n’est pas à opposer les gens. Il faut se parler. J’ai écrit à M.Maguet et Derrien, les présidents de l’ADMR 29 qui se sont succédé, je n’ai pas eu de réponse non plus. La semaine dernière, j’ai demandé à Nora Berra un rendez-vous. Je serai reçue le 30juin. J’ai également déposé à son cabinet un dossier et il est épais. Ça fait des mois que nous sommes dans cette expectative. Il faut avancer sur le sujet et que tout soit dit.
La justice doit-elle intervenir?
(Elle acquiesce). Il faut que nous ayons toutes les données du problème et repartir sur des bases saines. Je comprends tout à fait la position du président du conseil général qui est attaché au service (Pierre Maille a dénoncé le rôle que joue l’Union nationale, à l’origine, pour lui, de la chape de plomb qui pèse sur le dossier, NDLR). Je vous parlais des Genêtsd’Or. Prigent Colin a pris la présidence en pleine tempête et il a reconstruit. Je dirais bien à Madame Berra que l’heure est grave, que les gens sont dans l’inquiétude. Je ne peux pas imaginer un instant que l’ADMR ne puisse plus exister.
Karine Joncqueur
21 juin – Le Télégramme de Brest.


Il est vrai que l’ADMR est la plus grande association du service à domicile français. Il y a d’ailleurs un article très intéressant sur le sujet que vous pourrez consulter via le site http://www.mutuelle-assur.com et qui s’intitule « Zoom sur l’ADMR ».